Natacha & Opaline


Peux-tu te présenter ?

Natacha Butzbach. Je suis psychologue spécialisée en périnatalité et parentalité.

Je suis lesbienne et militante en sous-marin. ;-)

Peux-tu présenter la configuration de ton foyer, ton parcours pour fonder cette famille… ?

Je suis maman d'une petite fille, que j'ai eu par PMA en Belgique. J'ai fait tout le parcours en tant que mère solo.

Aujourd'hui, je suis célibataire et je n'envisage pas autre chose. Je le vis extrêmement bien.


J'ai eu ma fille grâce à une IAD. Le donneur est anonyme, venant probablement du Danemark. C'est grâce au CHR de Namur que j'ai pu concevoir mon enfant et c'est aussi là que je l'ai mise au monde.​


Quel a été selon toi le plus gros obstacle que tu aies rencontré et franchi pour ​en ​arriver là ?

Le regard de la société sur les femmes seules qui veulent faire un enfant est acerbe.

Les commentaires sont nombreux et les témoignages de femmes ayant fait ce CHOIX (et non pas les mères solo qui subissent la situation) sont rares...

Je n'ai pas réellement eu d'obstacles. Je me sens très privilégiée d'avoir été de nationalité belge et résidente en Belgique pour cette procédure en 2017.

Habitant en France, 3 ans plus tard, il m'est impossible d'envisager un second enfant... 


​As​-​tu rencontré des difficultés au quotidien, en rencontre​s-tu​ encore ? Si oui peux​-​tu nous donner des exemples ?

Mis à part toutes les formalités administratives qui comprennent toujours 2 parents, je n'ai pas de problème au quotidien. 

Est-ce que ça compte les remarques condescendantes ?


Quel conseil donnerais-tu pour rassurer des futurs parents qui auraient des réticences à se lancer dans l'aventure d'une famille avec une parentalité LGBTQIA+ ?

Avoir confiance en soi : une famille est une famille.

Les enfants n'iront pas moins mal que dans les familles hétéros...Au contraire même, selon les études menées sur le sujet.

Il peut être intéressant de fouiller quelques questions sur le choix concernant le parcours, les divers choix pour obtenir des gamète (si nécessaire), la manière de se faire appeler par l'enfant à venir, …


En tant que psy, le conseil que je peux donner est de discuter des sujets relatifs au vécu de la parentalité et de s'informer sur le déroulement de la grossesse, de l'enfantement, des éventuelles possibilités mais aussi... les après-naissance !

Il est nécessaire de s'informer sur les besoins des enfants et des jeunes parents !

En réalité, donc, rien de plus que des parents comme les autres.


Pourquoi t’engages​-tu​ dans le collectif Famille.s ? Qu’est​-​ce qui t’anime ?

Je souhaite pouvoir aider les personnes concernées mais aussi permettre aux autres de devenir des allié.e.s informé.e.s.

Il serait utile que la société évolue sur ces perspectives parentales.

Il est indispensable que nos familles soient perçues comme le sont celles des familles hétéros. 


Quel message as-tu envie de transmettre à la société ? Que dirais-tu à ceux qui veulent s’engager pour soutenir nos familles ?

L'inclusion des minorités dans toutes les représentations est indispensable.

Que ce soit par rapport aux queers ou aux personnes racisées, il est nécessaire que les enfants soient  baignés dans un monde où nous existons tous.

J'invite vraiment les personnes à prêter attention aux livres qu'elles choisissent : il est trop fréquent que le seul schéma familial soit papa + maman + enfant(s).

La plupart du temps, les livres sont aussi pavés de stéréotypes de genres, les personnages féminins interviennent moins que les personnages masculins et avec moi de pertinence, …


Choisir ce à quoi nos enfants sont exposés conditionne la société dans laquelle nous évoluerons ensemble.