Marie, les 3 lutins et Solène


Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Marie, j’ai quarante ans, 3 enfants et une amoureuse :).

Comme beaucoup, j’ai été confrontée à des "expériences de vie" particulièrement charnières : la maladie de mon fils lorsqu'il était bébé et la rencontre de Solène à 35 ans. Ces deux expériences ont permis ma (re)naissance. J’ai appris et continue à apprendre à les convertir en expériences qui délivrent du sens.


Ces étapes initiatiques m’ont invitées à porter un autre regard, à essayer une autre façon d’être et de voir le monde.


Peux-tu présenter la configuration de ton foyer, ton parcours pour fonder cette famille…​ ?​

J’ai donc 3 enfants de 12, 11 et 5 ans en garde alternée avec leur père. Nous discutons librement de mon parcours et de mes choix de vie. J'essaie de leur donner les clés pour qu’ils soient en mesure d’en parler si besoin (ou de le dessiner : par exemple quand le dernier fait le dessin de la famille en moyenne section, avec un papa, une maman et sa copine et les enfants…).

Solène partage le quotidien de notre foyer.

Quel a été selon toi le plus gros obstacle que tu aies rencontré et franchi pour ​en ​arriver là ?

Le plus gros obstacle a été l'impact qu'avait sur moi le regard des autres sur mon choix de vivre avec une femme et particulièrement sur un tel choix alors que j’avais des enfants.

L’autre obstacle a été lié à la construction d’une famille recomposée. Il n’est jamais simple pour un beau-parent de trouver sa place, cela l’est encore moins dans le cadre d’une famille recomposée homoparentale.


​As​-​tu rencontré des difficultés au quotidien, en rencontre​s-tu​ encore? Si oui peux​-​tu nous donner des exemples?

Les principales difficultés ont été vécues par mes enfants à l’école lors d’échanges peu bienveillants. Ils ont appris au fur et à mesure à mettre de la distance avec ces réflexions. D’une manière générale ils préfèrent n’en parler qu’à leur très bons amis (tout en ayant conscience qu’ils prennent le risque que cela leur échappe).

Pour le reste je considère avec le recul que ce sont avant tout des maladresses liées à un manque d’information et un manque de visibilité.


Quel conseil donnerais-tu pour rassurer des futurs parents qui auraient des réticences à se lancer dans l'aventure d'une famille avec une parentalité LGBTQIA+ ?

Le plus important est d’être aligné avec ses choix. Ces familles sont aimantes, les enfants heureux. 

Autre conseil : avancer avec les personnes qui sont bienveillantes et accompagnantes et mettre de la distance avec les peurs et les angoisses qui appartiennent aux autres.

Pourquoi t’engages​-tu​ dans le collectif Famille.s ? Qu’est​-​ce qui t’anime ?

Je me suis lancée dans la création de ce collectif parce que lors de mon parcours : j’aurais aimé savoir que je n’étais pas seule et dire à mes enfants qu’ils n’étaient pas seuls. J’aurais aimé avoir des livres à leur partager, des films et dessins animés pour s’inspirer et des mots pour en parler. J’aurais aussi aimé/comprendre comment reconstruire un foyer dans l’homoparentalité, vivre cet amour naissant plus sereinement.

Un certain nombre d’associations et d’acteurs sont déjà engagés sur des chaines youtube, des podcasts, des comptes sur les RS.

Dans leur sillage et en les rassemblant, j’ai la volonté de faire rayonner nos familles et cela bien au-delà des communautés LGBTQIA+. 


Quel message as-tu envie de transmettre à la société ? Que dirais-tu à ceux qui veulent s’engager pour soutenir nos familles ?

Je suis convaincue que la diversité est source de richesse pour une société.

Nous fabriquons notre réalité à partir de nos connaissances et de nos expériences. Il est donc essentiel d’informer et de partager nos expériences pour construire une autre réalité plus inclusive.

Nos familles existent, elles sont nombreuses et heureuses. Alors, racontons-les, soyons optimiste, montrons l’amour et la bienveillance qui se vit dans nos parcours.  Nous créerons ainsi une autre réalité forte de la singularité de chacun et donc d'une société plurielle.


De quoi rêves-tu pour demain ?

Je rêve d’un monde où l’homosexualité (et toutes les causes LGBTQIA+) et l’homoparentalité ne seront plus une différence, même pas une tolérance.

Je rêve d’un nouvel imaginaire collectif inclusif de toutes les diversités.

Et c'est de ce rêve que le projet du collectif est né, très vite rejoint par les mêmes rêves de belles âmes, joyeuses, optimistes et créatives.



FAMILLES_edited.png

© 2020 by Collectif Famille.s