Claire, alliée


Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Claire, j’ai 28 ans et participe au projet Famille.s depuis son lancement. Je travaille auprès de jeunes, en tant qu’enseignante dans le supérieur et en tant que « facilitatrice de vocations » par le biais d’ateliers de développement personnel aidant les jeunes à mieux se connaître pour mieux s’insérer dans le monde professionnel.

A-t-il été difficile pour toi, à un moment donné, d’envisager que les personnes LQBTQIA+ puissent fonder une famille et/ou élever des enfants ?

Je viens d’un milieu bourgeois où ces questions ne se posent pas et renvoient à des tabous. Plus jeune, pendant mon adolescence notamment, j’ai pu être à certains moments dans le jugement face aux membres de la communauté LGBTQIA+, simplement parce que je ne les connaissais pas, ou plutôt que je ne pensais pas les côtoyer parce qu’ils étaient totalement invisibilisés dans le milieu dans lequel j’évoluais.

Quand je suis arrivée à la fac et que mes perspectives se sont ouvertes, j’ai moi même été confrontée à ces questionnements sur mon orientation. J’ai eu la chance de rencontrer de nouvelles personnes et l’amour au milieu de tout ça... La remise en question a été difficile, mais dix ans plus tard, j’assume de pouvoir partager ma vie avec une femme et cela ne me fait pas douter une seule seconde de ma volonté de fonder une famille !


​De quoi la société aurait-elle besoin pour faciliter l’inclusion de ces familles ?

La société doit tendre vers moins de jugement, moins d’idées reçues, moins de clichés et pour tout cela, plus d’informations et de visibilité pour ces familles.

As​-​tu rencontré des difficultés au quotidien, en rencontre​s-tu​ encore? Si oui peux​-​tu nous donner des exemples?

Les difficultés : quelques réflexions et remarques désobligeantes mais avec un peu de patience et beaucoup de pédagogie, on y arrive petit à petit !


Pourquoi témoignes-tu pour le collectif Famille.s ? Qu’est​-​ce qui t’anime ?

J’ai longtemps été une militante « fainéante » mais surtout optimiste qui pensait qu’il suffisait d’ignorer les remarques et de faire notre vie pour faire évoluer les mentalités. Mais force est de constater qu’en 2020, l’existence de ces familles n’aide pas à aller vers une société plus inclusive, alors je mets la main à la pâte !

Si un enfant vient au monde, ce n’est pas le fruit du hasard mais bien celui de la volonté des parents de fonder un foyer. Si le hasard n’y est pour rien, l’amour est le premier et le seul moteur ! Accordons plus de place à l’amour et moins au jugement pour aller vers un monde plus bienveillant. Ces familles sont simplement comme les autres !


Quel message as-tu envie de transmettre à la société ? Que dirais-tu à celles et ceux qui pourrait être amené.e.s à cheminer aux côtés de nos familles ?​

Ouvrez vos yeux, vos esprits et vos cœurs. Tous les gestes et toutes les contributions allant vers l’inclusion sont utiles ! Soyez curieux mais bienveillants et vous accompagnerez nos familles en répondant à leurs besoins ! Quelle que soit votre situation, gardez simplement à l’esprit que le modèle unique de famille n’existe pas et ne partez pas du principe qu’un enfant a forcément un papa et une maman... Ça vous évitera des situations gênantes ;)


De quoi rêves-tu pour demain ?​

Je rêve d'un monde où le terme « homo parental » n’aura plus lieu d’être. « Famille », ça suffit !